• ✿ Arromanches

    "Arromanches est une ville chargée d'émotions. L'empreinte du Débarquement y est si forte !" Depuis plus de vingt ans, Olivier Mercier vient régulièrement se promener à Arromanches-les-Bains, une petite station balnéaire du Calvados située à 15 kilomètres de Courseulles-sur-Mer où la famille de sa compagne possède une maison. Avec son appareil photo qu'il porte sans cesse autour du cou, cet enseignant passionné de dessin et de photographie a capturé au fil des ans et des événements les traces du passé qui sont toujours visibles dans cette ville, 70 ans après le Débarquement du 6 juin 1944. Des vestiges du port artificiel que les Alliés établirent au lendemain du Jour J., aux cérémonies militaires organisées en hommage aux vétérans et aux soldats morts au combat, Olivier vous emmène dans ce lieu où l'Histoire se rappelle à vous à chaque instant.

     Depuis les hauteurs de la ville, la nature infinie propose sans cesse des spectacles différents. Le ciel, la mer et l'estran, cette partie de la plage recouverte par les marées, jouent devant nous de magistrales scènes que la lumière arrose, filtrée par de drôles de nuages. En même temps, la vue des pontons datant de la Seconde Guerre mondiale, baignant dans la mer, donne l’impression que le temps s’est arrêté il y a 70 ans.

     

    Elle a l'air si fragile, cette femme, se tenant à bicyclette sur la plage à marée basse, entourée d’un navire de guerre et de l’un des vestiges du port artificiel. En 100 jours de fonctionnement, durant l’été 1944, ce port permit aux Alliés de débarquer 400 000 hommes, 500 000 véhicules et 4 millions de tonnes de matériel.

    Vus de loin sous une lumière dorée, les pontons échoués semblent encore solidaires. Pourtant, avec le temps, ces derniers commencent à se dégrader sous les assauts de la mer. Sur les 115 caissons qui formaient à l’origine une digue longue de 8 kilomètres, seule une vingtaine sont encore visibles aujourd’hui.

    Sur la digue, le carrousel d’Arromanches s’anime et un enfant profite du manège. Un moment de vie et de joie qui vient se confronter à la présence solennelle d’une ancienne barge de débarquement, en contrebas, sur la plage.

    Près du Musée du Débarquement situé au cœur de la ville, un canon antiaérien de 40 millimètres, fabriqué dans les usines suédoises Bofors, est tourné vers le ciel. Des milliers d’exemplaires de ce modèle furent utilisés par les armées britanniques et américaines pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Longeant la digue pendant que les estivants profitent sur le sable normand de cette belle journée de juin, cet homme se replonge dans ses souvenirs, vieux de 70 ans. Il est l’un des ingénieurs qui participèrent à la conception des pontons du port artificiel d'Arromanches.

    Sur les hauteurs de la ville, ce trou creusé dans la falaise servait de base à une mitrailleuse. On ose à peine imaginer la puissance destructrice que pouvait avoir un tel engin depuis ce point stratégique qui permettait de guetter tout l’horizon.

    Même lorsque l'on se promène à l’intérieur d’Arromanches, la mer reste visible au loin. Depuis la rue, on peut apercevoir les pontons du port artificiel, fidèles compagnons de balade. Ces lignes horizontales en pointillés semblent se jouer des verticales de la ville !

     Pour une fois, il n'y pas trop de vent sur la falaise. Les chevalets sont dépliés. Sous le regard averti de leur mère, les enfants, sages et disciplinés, immortalisent de leurs pinceaux l'histoire et la beauté du paysage. D'ici quelques mois, il pourrait en être fini de cet horizon. Des hélices sur des bâtons blancs pourraient s'inviter dans le tableau. Un projet d’installation d'éoliennes permettant d’alimenter la région en électricité a été lancé, déclenchant un débat enflammé autour de ce futur parc.

    Ce matin-là, la plage d’Arromanches est baignée par une lumière bleutée. Il fait assez froid. Les ombres des maisons s'allongent sur le sable et forment avec les silhouettes des promeneurs un étrange spectacle.

     Deux vétérans de la Seconde Guerre mondiale se tiennent face à face pendant une cérémonie commémorant le Débarquement en Normandie. Ce fut probablement le moment le plus intense que j’aie pu vivre à Arromanches : une minute de silence remplie d'émotions et de tension qui m’a paru une éternité.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :